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Le bout du monde

Par Nathalie | 28 novembre 2017 | Découvrir, En Famille
Le Havre : le bout du monde

Aller au bout du monde... en Seine-Maritime

Plagiant le titre d’une séquence de quelques minutes sur une chaine publique, je dirai « là où je t’emmènerai », je rajouterai, dans notre région, et je répondrai : c’est au bout du monde. Car aussi étonnant que cela puisse sembler, il y a ici un bout du monde à l’extrémité du Havre, à Sainte-Adresse, entre mer et falaises.

Villa Sainte-Adresse

La longue promenade bitumée longeant la mer et bordée de villas, chacune dans son propre style, s’étire sur une longue bande plate qu’il est aisé et agréable de parcourir à pied.

Très vite, tandis que les automobilistes devront continuer leur course en s’écartant du bord de mer, les piétons pourront profiter du calme d’un paysage s’ouvrant sur l’horizon. Ils passeront devant un café bobo mais néanmoins très agréable répondant au nom éponyme de « bout du monde », n’ouvrant ses portes qu’en cas de météo correcte.

La promenade assez large et encore bétonnée prend cependant un air plus sauvage, avec ses pentes herbeuses, préfigurant les falaises que l’on devine plus loin.

Impossible d’y circuler à vélo, les tempêtes ont laissé leur empreinte à cet endroit précis. Avec une force que l’on devine presque surnaturelle, elles ont poussé un amas de galets de toutes les formes et de toutes les tailles, venus entraver le passage.

Enfin la promenade se rétrécit, et laisse place au berceau des falaises ocres et blanches de notre côte d’Albâtre : celles qui courent jusque Dieppe et au-delà…Des falaises à la beauté plus sauvage que celles de la fière Etretat mondialement connue, et pourtant petites sœurs, au caractère brut, que le charme nous fait pardonner volontiers.

Puis le passage bitumé fait place à l’absence de tout aménagement humain, et c’est sur les galets qu’il faut marcher pour aller plus loin, à moins de s’arrêter là, le paysage suffisant à lui-même… C’est ce que je ferai... Après quelques pas incertains sur un sol peu stable, une pierre plate m’offre une assise dure mais cependant acceptable, à quelques mètres de la mer, me permettant d’assister au spectacle incessant de rouleaux venant se casser sur ce petit bout de plage étrange, entre brise lame rouillé où cordages et anciens filets de pêche sont venus s’échouer, et gros rocher sans doute venu se planter là après un éboulement de falaise… 
 

Le lieu inspire, laisse libre court à l’imagination, celle des petits génies qui de quelques pierres ou morceaux de bois savent tirer parti de la matière pour en créer une œuvre, fusse-t-elle bien plus modeste et éphémère que les alignements de Carnac ou de Stonehenge… Et de rien ou presque se dessinent un visage, un animal, un totem…, chacun y voyant ce qu’il veut.

A cet endroit, l’estuaire de la Seine fait place à la pleine mer, prélude de longs voyages au large auxquels les bateaux de commerce et de voyageurs se préparent, emmenant avec eux sur leur passage, mon imagination divagante.

Tandis que mon voisin s’adonne, comme certains aiment à le penser « à une activité aussi stupide qu’inutile » de jetés de cailloux dans la mer, le regard attiré par la ligne d’horizon, là où ciel et mer se confondent, je me prends à penser que le bout du monde n’est finalement pas ici, mais encore plus loin, et à rêver que j’irai un jour.

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Les articles de l'auteur

Par Caron Marie-Martine (non vérifié) le 29 novembre 2017

Permalien

Je connais Ste Adresse, mais là je suis baba! Formidable Ils sont forts ces Havrais.
Je suis ravie de constater que ma ville s'est embellie. Merci à tous

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